«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 6 mars 2020
  • Mise à jour: 12 mars 2020

Va-t-on voter l’esprit libre ?

Nombreux meetings annulés, effusions censurées, mains serrées ou plutôt blotties au fond des poches, les élections municipales sont toujours inscrites à l’agenda démocratique des français. Mais peut-on convier les français à aller voter dans un climat social et sanitaire si incertain, si anxiogène ? Quel sera l’état de liberté des français lors de ces 15 et 22 mars ? Irons-nous voter l’esprit libre ? Sans préjuger d’ici là d’une quelconque aggravation du risque sanitaire, que personne ne semble connaître et nous, encore moins, la liberté, valeur de notre république, vertu démocratique, peut-elle se réduire dans la situation actuelle à la liberté politique, se satisfaire de la liberté d’élection, du vote à tout prix ?

On définit en général la liberté comme « le pouvoir de faire ce qu’on veut », le fait d’échapper aux contraintes de toutes sortes pour agir comme on l’entend. Ainsi entendue elle apparaît plus précisément comme autonomie, c’est-à-dire le fait de se donner à soi-même sa propre loi. Idée directrice de la raison humaine qui peut être comparable à l’idée de vérité ; ma liberté c’est ma vérité, et cela je l’exprime notamment dans le choix politique, par mon vote.
Le problème de cette élection c’est que des français confinés ces jours-derniers et dans les jours à venir ne pourront pas se déplacer pour le premier tour. Ils auront également l’impossibilité de donner une procuration puisque la loi exige de se rende en personne devant l’autorité habilité à les recevoir. Il a été évoqué tout dernièrement sans qu’il soit précisé comment, un assouplissement exceptionnel et momentané de la règle.
Dans la suspicion ambiante vis à vis du pouvoir suscitée par la circulaire retoquée du Ministre de l’intérieur excluant des nuances politiques les communes de moins de 9 000 habitants, par la coïncidence entre un long Conseil des ministres extraordinaire consacré au COVID-19 et la décision du recours au 49,3 pour la loi sur les retraites, il paraît excessivement délicat pour le gouvernement de se livrer à quelques jours d’un scrutin à une telle opération sans conséquences post-électorales sur la concorde et la paix sociale en France déjà bien mises à mal.
Ainsi il en va bien d’une privation momentanée de liberté pour ces français qui ne pourront pas se déplacer aux urnes et pour tous ceux, inquiets pour leur santé, qui hésiteront à le faire en raison de l’épidémie « inexorable » selon le Chef de l’État, et que l’on nous promet dans les jours venir.
Serons-nous nombreux à aller voter ? Les derniers sondages, plutôt rassurants, nous disent que 52 % des français estiment que le coronavirus n’est pas dangereux et que 61% pensent qu’il ne faut pas reporter les élections municipales. Mais ces français sont-ils pour autant prêts à enfreindre les consignes sanitaires et les restrictions posées par le gouvernement lui-même, à prendre le risque de l’infection pour l’accomplissement de leur devoir de citoyen ? Cela, les sondages ne le disent pas. Ce sera la surprise du premier tour, le principal enseignement d’une leçon démocratique donnée par un virus mondialisé : une première en France.
De manière inattendue c’est donc peut-être plus déterminés et plus nombreux que les français iront voter. Et, face au vrai et au faux de cette pandémie, d’un esprit plus libre qu’il feront leur choix.

Evénement
Un attentat chasse l’autre et crée l’intolérable

Contre l’horreur, en hommage au professeur Samuel Paty, assassiné vendredi pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, la mobilisation a été forte cet après midi. D’importantes manifestations se sont déroulées, ce dimanche 18 octobre. Elles ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes (enseignants, militant(e)s, personnalités politiques et élu(e)s locaux et nationaux) partout en France. Les associations de défense des droits de l’homme (LDH), contre le racisme et l’antisémitisme (SOS racisme) et les syndicats d’enseignants y ont pris la parole pour exprimer la peine et la colère de toute la société française laïque et républicaine et sa détermination à ne pas laisser l’islamisme y prospérer.
Nous étions présents pour témoigner de notre peine pour cet homme libre, assassiné parce qu’il voulait le rester, exprimer notre compassion à sa famille et à ses collègues.
Mais les paroles comptent peu au regard des actes. Il faut agir maintenant. Nous prendrons notre part.

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