«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 3 septembre 2019
  • Mise à jour: 18 septembre 2019

Édito

« Vous qui venez d’autres mondes, aidez-nous ! »

La semaine dernière, des feux qui ravagent la forêt amazonienne et menacent la biodiversité et la survie de populations autochtones a surgi un cri : celui des indigènes de la tribu des Karitiana qui implorent « Vous qui venez d’autres mondes, aidez-nous ! ». Une imploration émouvante et saisissante.
De quels mondes parlent-ils, de quels mondes imaginent-ils que l’on vienne alors que nous nous évertuons chaque jour à n’en imaginer qu’un seul possible et plausible pour satisfaire un idéal de société, de croissance, du toujours plus, voire même y trouver le salut...
Mais effectivement, pourrions-nous être du même monde et ne rien faire devant sa destruction ?
Emmanuel Macron lors du G7 a répondu en déclarant « nous (la France), sommes amazoniens », signifiant ainsi appartenir en même temps au monde de la tribu des Karitiana et du peuple kayapo du cacique Raoni et à celui qui se trouve au delà des lisières de la forêt amazonienne, le monde des mondes qui n’en font qu’un.
Prenons le nôtre par exemple et regardons le à l’orée de septembre, de cette rentrée, notre monde politique, économique, social, scolaire, bioéthique et climatique avec ses 87 départements encore en alerte sécheresse et concernés par des restrictions de l’usage de l’eau. Un monde où le feu couve devant les permanences des députés de la majorité dont le vote des réformes et les projets du gouvernement qu’ils représentent sont autant d’arbres qui cachent une forêt de contestation et de désunion dans la société française.
Pour certains, les flammes de l’enfer menacent déjà un monde bioéthique où l’humain s’affranchit des règles de la nature, de sa nature, pour se perfectionner et satisfaire ses besoins de parentalité. Un monde à la logique nouvelle avec l’annonce de l’inscription « mère et mère » sur le registre de naissance, un monde où le même n’est plus le même.
Alors est-ce à ce monde où les intentions climatiques sont génératrices de tensions économiques, où les droits fondamentaux des uns et des autres sont désormais en compétition que s’adresse la tribu des Karitiana ?
Est-ce notre monde contradictoire cherchant sans cesse tirer plus de profit de la nature et s’acharnant pourtant tous les jours à la ravager qui pourra répondre à leur supplique ?
Je ne le crois pas, car je pense que comme l’avait prononcé Jacques Chirac, en ouverture du discours qu’il fit devant l’assemblée plénière du IVe Sommet de la Terre, le 2 septembre 2002 à Johannesburg , « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », mais pire, je crois que nous sommes juste préoccupés à jouer dans une maison en feu comme le font les enfants insouciants de la parabole bouddhiste la maison en feu.
Pour agir, pour changer, il faut généralement aux hommes des promesses. Ainsi, nous sommes tous partants pour faire quelque chose si au bout il y a une récompense. Comme si la vie et le bonheur n’étaiet pas déjà en soi des récompenses, nous voulons des insignes ! Alors peut-être devrait-on commencer par distribuer des médailles à ceux qui s’alimentent sainement !

Alors n’est-il pas urgent de devenir d’autres mondes pour aider les indiens d’Amazonie ? En tout cas, la France et la communauté internationale doivent intervenir immédiatement et avec force avant que « notre récompense » ne disparaisse...

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