«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

Cet article est en consultation libre

  • Publié le 3 décembre 2018
  • Mise à jour: 7 décembre 2018

Bâtir les passerelles nécessaires au dialogue des cultures

Depuis quelques semaines, le gouvernement réfléchit et consulte sur une possible révision de la loi de 1905 pour encadrer davantage le culte musulman mais aussi évangélique. Le projet d’amendement de la loi ne toucherait pas ses principes fondamentaux que sont la séparation des Églises et de l’État, la liberté de culte et la liberté de conscience, mais viserait le statut des « associations 1905 » qui gèrent les lieux de cultes.
Plus sévèrement contrôlées sur le plan financier, mais avec toujours à la clé des avantages fiscaux, elles obtiendraient le droit de gérer un parc immobilier pour subvenir à leurs besoins et donc d’avoir la possibilité de posséder des immeubles de rapport ce qui leur était jusque là normalement strictement interdit.

La définition de l’exercice du culte serait également révisée. Aujourd’hui la loi prescrit (lire notre article) que les associations loi 1905 doivent avoir exclusivement pour objet « l’exercice d’un culte », les privant de facto de la capacité à pratiquer des activités connexes, comme les œuvres de charité mais aussi des opérations pour la promotion de leur culte.
Avec cette réforme, les associations cultuelles, certes mieux contrôlées, disposeront de moyens financiers plus conséquents pour développer leurs activités.

Mais aura-t-on pour autant résolu fond du problème, l’intégration de la population musulmane ? Et pourra-t-on conserver cet esprit de neutralité de l’espace social propre à la loi de 1905 et qui sied à la majorité de la population française ?
Ces derniers temps nous voyons que certains voudraient que surgisse le choc des civilisations ! Et maintenant voudrait-on celui des religions ? Nous ne savons pas dire à quelle civilisation appartiennent les Français issus de l’immigration maghrébine ou africaine ou de tout autre autre secteur de la planète. Les flux migratoires auxquels on a assisté durant les quarante dernières années montrent à quel point la mobilité humaine a entraîné des brassages incessants. L’identité du musulman ne puise plus ses composantes dans la seule civilisation islamique, qu’elle soit médiévale, ottomane ou colonisée ; s’y ajoute ou le recouvre, le choix d’être nord-américain, européen ou citoyen français.

La révision envisagée de la loi de 1905 qui vise à organiser et à mieux contrôler les cultes ne servira pas à bâtir ces passerelles indispensables au dialogue des cultures que sont les outils de la connaissance et du savoir. C’est d’abord de la croyance en l’Autre, du dialogue des cultures, et non d’institutionnalisation des religions, dont la société, la République française a besoin pour être paisible et prospère à tous et à chacun.

Olivier Konarzewski

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