«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 18 septembre 2020
  • Mise à jour: 21 septembre 2020

Politique, croyance et tradition en écologie

« La Tradition implique une communion des âmes qui sentent, pensent, se comportent, vivent en fonction d’un même idéal ; La Tradition est la transmission vivante ». Tombé par hasard sur cette citation du philosophe et écrivain Henri Tort-Nouguès, nous l’avons trouvé fort à propos pour illustrer les récentes postures et déclarations tonitruantes de certains élus EELV comme celle du maire de Bordeaux, Pierre Hurmic souhaitant mettre un terme à la tradition de l’arbre de Noël de la place Pey-Berland.
Certes on peut imaginer qu’en raison de ses croyances (opinions) politiques écologiques, cette tradition a pu prendre tout à a coup la signification d’un acte sacrificiel et contre-nature, en tout cas contraire à la conception sacrée du vivant et de la finitude. Il est vrai que celle-ci concerne autant les végétaux que les animaux. Mais on peut en douter et voir plutôt ici la volonté de marquer un territoire idéologique par l’attaque, probablement irréfléchie, ce qui l’excuse encore moins, de l’une des traditions de la culture occidentale, d’un de ses symboles bien vivant.

Dans la culture celte et encore dans ses pratiques actuelles, les arbres, comme le chêne, mais aussi, plus connu des initiés, l’if, largement planté dans les cimetières écossais, irlandais et vikings sont toujours les arbres sacrés que des générations de druides ont fait brûler, comme symbole de lumière au centre des clairières quand ce n’était pour des besoins purement domestiques. Inutile donc de revenir sur les fondements de la tradition du sapin de Noël qui comme beaucoup de rites et coutumes chrétiennes est emprunté à des traditions païennes plus anciennes, pour dire que le sacré est d’abord un temps singulier, un moment d’unanimité et d’humanité. Le sapin de Noël possède ainsi ce caractère sacré de la tradition et du rite, ce moment qui n’a de cesse d’être répété et actualisé pour rester vivant. L’arbre n’est donc pas mort, il participe au contraire de la vie de la cité.
Alors quand le maire de Bordeaux annonce hier encore qu’il ne souhaitait pas demander l’avis des Bordelais, refusant de lancer une consultation sur la question de l’installation de ce sapin de Noël sur la place Pey Berland au moment des fêtes de fin d’année, on est en droit de se poser des questions sur sa propre conception de la cité, sur sa vision de son caractère sacré et quelles traditions y sont attachées, et même si le mot tradition y est encore accepté.

La citation d’Henri Tort-Nouguès a l’intérêt de pointer les deux points cardinaux qui donnent leur trajectoire aux traditions. D’un côté, la persistance immuable (celle de l’âme éternelle) de l’autre la transmission et son mouvement. Un mouvement de l’âme qui s’apparente ici à une agrégation à un rassemblement d’être sensibles, une ville quoi !
Oui. Et alors c’est quoi une ville au sens de la cité ? Il nous semble que ce soit un univers constitué par des rapports égalitaires et réversibles où tous les citoyens se définissent comme identiques les uns par rapport aux autres sur le plan politique et de l’expression de leurs idées. Le mode de l’existence politique se démontre et se vérifie alors dans les conflits au sujet de ce que les hommes dans la cité jugent bon ou juste pour la communauté. On ne parle pas d’élection ici mais de considération et de consultation. Dans nos villes ce n’est donc pas en jugeant tout comme un seul homme que l’on devient les acteurs de la relation proprement civile.

Pour conclure et boucler sur notre introduction, en vertu de l’auteur de la citation, on ne peut imaginer qu’il n’y est pas en arrière plan de son agrégation d’âmes, le mouvement du cycle de la réminiscence platonicienne où les âmes chutent sans connaissance dans le corps vivant des hommes avant d’entamer en une longue re-connaissance des savoirs, la lente remontée d’une vie vers le monde des idées, le Souverain Bien. Cette théorie qui sert tout à la fois à démontrer l’immortalité de l’âme et l’existence de réalités intelligibles n’a rien de brutale. Elle n’induit pas de passage de frontière irréversible comme l’est le mouvement de la conversion mais des étapes successives de compréhension. Il semble qu’après ces quelques semaines de mandats locaux, la réminiscence locale et nationale des idées EELV ait fait chuter quelques élus. La remontée vers le monde des idées intelligibles risque d’être longue et semées d’em-bûches... Ce n’est pas nous qui l’affirmons mais la majorité des français dans le sondage Ifop/lemon.fr paru hier. (Voir notre article)

Evénement
Un attentat chasse l’autre et crée l’intolérable

Contre l’horreur, en hommage au professeur Samuel Paty, assassiné vendredi pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, la mobilisation a été forte cet après midi. D’importantes manifestations se sont déroulées, ce dimanche 18 octobre. Elles ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes (enseignants, militant(e)s, personnalités politiques et élu(e)s locaux et nationaux) partout en France. Les associations de défense des droits de l’homme (LDH), contre le racisme et l’antisémitisme (SOS racisme) et les syndicats d’enseignants y ont pris la parole pour exprimer la peine et la colère de toute la société française laïque et républicaine et sa détermination à ne pas laisser l’islamisme y prospérer.
Nous étions présents pour témoigner de notre peine pour cet homme libre, assassiné parce qu’il voulait le rester, exprimer notre compassion à sa famille et à ses collègues.
Mais les paroles comptent peu au regard des actes. Il faut agir maintenant. Nous prendrons notre part.

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