«Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n’est de trop.»François Mitterrand

 

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  • Publié le 27 mai 2019
  • Mise à jour: 28 mai 2019

Histoire

L’Arabie avant l’islam

À l’aube de l’islam, à l’époque de la Jahiliya (« l’Ignorance »), l’Arabie est une terre aride prise entre la mer Rouge et l’océan Indien.

A l’aube de l’islam, à l’époque de la Jahiliya (« l’Ignorance »), l’Arabie est une terre aride prise entre la mer Rouge et l’océan Indien.
Peuplée essentiellement de Bédouins nomades, cette terre était devenue le point de passage terrestre des caravanes qui acheminaient l’encens de l’Inde, la soie de Chine, les épices et autres denrées de luxe vers le Bassin méditerranéen.
La Mecque, Sanaa, Taïf, Aden... étaient autant de stations, de carrefours pour ces caravanes reliant également les marchés aux villes, les foires aux oasis. Les Bédouins, regroupés en clans et tribus, venaient s’y approvisionner et y côtoyaient les marchands de la région.

Empire byzantin et Empire perse

En ce temps-là, l’Arabie subissait les conséquences des conflits qui agitaient cette partie du monde. Deux grandes puissances s’affrontaient. L’Empire byzantin, ou empire d’Orient, et sa flamboyante capitale, Constantinople, régnaient sur l’Asie Mineure, la Syrie, l’Égypte, les îles de la Méditerranée, une partie de l’Italie et l’Europe du Sud-Est jusqu’au Danube. Les Byzantins contrôlaient également plusieurs places fortes sur les côtes d’Afrique du Nord. Leur grand rival était l’Empire perse et la dynastie des Sassanides.

Les routes de l’Arabie préislamique

Dans la première moitié du vie siècle, cette rivalité entraîna une série de guerres interrompue par de brèves périodes de paix. Les routes et les voies de commerce maritime étaient incertaines : les caravaniers en profitèrent et les cités marchandes comme La Mecque connurent la prospérité. Les

Perses exerçaient leur influence sur le golfe Persique et les côtes sud de l’Arabie, soumettant ainsi, d’une manière ou d’une autre, tous les petits chefs de clans et de tribus. En 570 - date approximative de la naissance de Mahomet - les Perses occupèrent la région côtière et développèrent le commerce entre le Yémen, l’Arabie heureuse et l’Irak. Ils durent y affronter victorieusement les Abyssiniens monophysites qui, un demi-siècle auparavant, en 521, avaient pris le contrôle du Yémen avec la bénédiction de l’empereur byzantin, et ce, en dépit de leurs différences religieuses. Toutefois, malgré plusieurs tentatives, aucune des deux puissances ne parvint à dominer l’une ou l’autre des villes et des tribus de La Mecque. Elles se contentaient d’appuyer tel ou tel chef de clan, garantissant, très relativement il est vrai, les frontières de son territoire.

La Mecque

L’anarchie régnait en Arabie, appelée alors l’île des Arabes (Jazirat al Arab). Les tribus qui n’avaient jamais été unifiées s’organisaient autour d’un code d’honneur qui ne les empêchait pas cependant de s’affronter dans des expéditions de ghazou (razzia) où elles se disputaient les points d’eau, les lieux de campement ou tout simplement la nourriture.

Les cités demeuraient en général à l’écart de ces petites guerres. Tel était le cas de La Mecque, dont les dirigeants avantageaient tour à tour les Perses et les Byzantins, avec une préférence marquée pour ces derniers, plus éloignés donc moins menaçants.

La Mecque était aussi un centre religieux polythéiste où Bédouins et commerçants venaient adorer Allah, le dieu créateur de l’univers, ou d’autres divinités ayant forme humaine ou animale. À l’occasion des marchés et des foires qui se déroulaient dans la ville, on voyait défiler une foule immense autour de la Ka’aba [1], sur laquelle Abraham, le père de l’humanité, aurait accepté de sacrifier son fils Isaac, et dans laquelle se trouve encastrée la « pierre noire tombée du ciel ».

Dans cet environnement païen, dominé par des habitudes tribales et nomades, ainsi que par des traditions mercantiles, des liens familiaux très forts assuraient à l’individu la solidarité de son groupe contre ses ennemis.

Si la grande majorité de la population d’Arabie était alors polythéiste, il existait cependant des tribus juives, comme à Yathrib, la future Médine, ou encore chrétiennes, notamment au Yémen. On rencontrait ainsi des moines et des commerçants chrétiens ou de pieux hanifs, ces monothéistes d’avant l’islam qui se méfiaient des Écritures juives et chrétiennes suspectes d’avoir été altérées.

Certaines tribus, comme celle des Koraïchites qui dirigeait La Mecque, étaient riches car elles avaient profité de l’expansion économique de leur ville. D’autres avaient bénéficié de l’acquisition d’une oasis et produisaient des dattes et des céréales. C’est dans ce monde instable que naquit Mahomet ; il appartenait à la tribu dirigeante, mais il était issu du clan hachémite, le plus pauvre de la tribu.

Les tribus bédouines

À l’époque de « l’Ignorance », la « Jahiliya », seules les guerres inter-tribales, les razzias (ghazou) intéressaient les Bédouins, la population la plus importante de la presqu’île arabique. Les guerres incessantes qui opposaient les Perses et les Byzantins rendaient cependant aléatoires les voies commerciales maritimes traditionnelles qui reliaient alors l’Extrême-Orient au monde méditerranéen. C’est pour cela que les marchands préférèrent les voies terrestres, faisant de La Mecque le centre commercial le plus important de l’« île des Arabes ». Les guerres inter-tribales diminuèrent alors en faveur du commerce.

[1Construit, selon les musulmans, par Abraham et son fils, ce sanctuaire renferme la pierre noire sacrée apportée par l’ange Gabriel. Initialement immaculée, elle est censée avoir été noircie par le péché humain. Les pèlerins de la Mecque doivent effectuer sept fois le tour de cette pierre.

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